Un corps

C’est ton corps. Il t’appartient à toi seul et personne ne devrait se donner le droit de le juger. Il est parfait en tout point car il existe aucun standard et aucune normalité. Qu’il soit petit ou grand, que tes jambes te portent ou non, peut importe le nombre d’orteils ou la quantité de cheveux sur ta tête. Il est parfait je te dis. Tu auras peut être envie de l’observer dans les moindres détails. Tu voudras peut-être l’unir à un autre. Le prêter pour faire grandir un enfant et le nourrir. Tu le pousseras à gravir des montagnes ou à traverser des océans, à courir jusqu’au bout du monde ou à se lover au creux d’un lit pendant des jours, des semaines, des mois pour noyer ton chagrin. Tu le verras faire preuve d’une force inimaginable. Ou tu le verras flancher et dépérir. Tu le couvrira de symboles et de bijoux. Ou il se transformera seul, des poils, de la cellulite, des vergetures, des cicatrices, des tâches ou des grains, des rides… Regarde le grandir avec amour si tu le peux. Il te suivra toute ta vie de toute façon alors n’en fait pas ton ennemi numéro un. 

J’ai souvent pensé que le gris et le noir étaient mes vraies couleurs

Ce corps il m’a fallu des années pour le dompter. J’ai dû apprendre à m’y sentir bien, comme si il n’etait pas la vraie description de moi-même. Et j’ai dû apprendre à l’aimer. D’abord il n’avait pas de rembourrage pour cacher ses os. Et puis il est devenu volumineux et m’a fait honte. Dix, quinze kilos de plus sur la balance. La faute à la nourriture et aux hormones qu’il n’a jamais supportés. Ce n’était pas grand chose finalement, pourquoi en avoir fait tout un plat ? 

Parfois il est en crise. Il me fait si mal que je le maudits. Mais j’essaye de lui pardonner… j’y travail encore. Pourquoi ces douleurs ??

Vingt, vingt-cinq kilos de plus sur la balance, le poids d’une petite vie qui a grandi en moi de mois en mois. Une, deux, trois, quatre, cinq petites vies ? Mon ventre en a cajolé plus que mes bras ont pu en serrer. Je ne lui en veux pas. Je ne veux pas penser que c’est de sa faute. 

Dans ces moments je me sens à ma place.

Et contre toute attente, j’ai commencé à l’admirer, toujours plus. Je l’ai vu devenir fort, d’une force d’acier. Et je l’ai enfin trouvé beau au moment où d’autre m’auraient souhaité de vite le retrouver comme avant. (Soyez votre seul juge je vous disais). J’ai compris que je ne l’avais jamais perdu et qu’il était mon allié. Je l’ai aimé deux fois plus qu’avant. 

Ne le laisse pas tomber, ne l’oublie pas. Essaye de ne pas trop le maltraiter. Ne doute pas non plus et n’oublie pas. Tu es la seule personne à pouvoir décider. C’est ton choix, ton doit. 

Aime toi ❤️

J’aime le silence de la forêt en hiver. Entendre son propre coeur battre au milieu des arbres


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